Le Projet AMORCE 2024-2026 financé par ARES et exécuté conjointement par l’UOB et l’UCLouvain, offre 9 bourses de rédaction du mémoire de master à des étudiants inscrits en Mater en droit, économie et médecine et/ou santé publique.
APPEL À CANDIDATURES POUR L’OCTROI DES BOURSES DE RECHERCHE (Rédaction d’un mémoire : Master / Master complémentaire) DANS LE CADRE DU PROJET AMORCE « LE TRAVAIL DES FEMMES DANS LE CONTEXTE DE L’EXTRÊME PAUVRETÉ : PRÉCARITÉ ET RÉSILIENCE » FINANCÉ PAR L’ARES 2024-2026
I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DU PROJET
Plusieurs auteurs constatent que la plupart des travailleurs vulnérables sont des femmes. À l’échelle mondiale, 61 % de la population en âge de travailler, soit deux milliards de femmes et d’hommes, contribuent à l’économie informelle. En Afrique subsaharienne, l’emploi informel représente ainsi 86 % de l’emploi total des hommes et 92 % de celui des femmes. L’OIT estime que 82 % des habitants d’Afrique subsaharienne n’ont pas accès à un système de protection sociale. Les travailleurs informels, qui échappent à la fois aux aides destinées aux plus pauvres et à la protection sociale liée aux emplois formels, constituent une large part des personnes qui n’ont pas accès à la protection sociale, formant ainsi un « chaînon manquant ».
Les travailleurs pauvres sont les personnes qui, en dépit du fait qu’elles travaillent en contrepartie d’une rémunération, n’arrivent pas à se procurer un revenu familial qui se situe au-dessus du seuil de pauvreté. Ils sont encore qualifiés de travailleurs « à bas salaire », de travailleurs « à faible revenu », de travailleurs « atypiques », travailleurs « vulnérables », travailleurs « précaires ». En ce sens, le nombre de travailleurs pauvres vivant sous le seuil de pauvreté d’un dollar par jour et par personne ne cesse d’augmenter en République démocratique du Congo (RDC) et trois quarts des familles de salariés survivent avec un revenu en dessous de ce seuil tolérable de la pauvreté.
Les femmes sont particulièrement touchées par cette pauvreté. Sans prestations de sécurité sociale notamment congé de maternité, congé de maladie, pensions et allocations d’invalidité, ces femmes sont exposées au risque d’abus et peuvent passer la plupart de leurs heures de veille au travail, survivant à peine avec leur salaire et devant faire face à l’exploitation, y compris le travail servile ou forcé. Elles font également face à l’analphabétisme généralisé, l’absence de services de santé adéquats, de politiques publiques et de mécanismes étatiques de promotion des femmes, et elles subissent encore le poids de coutumes et de pratiques discriminatoires qui persistent lourdement à leur égard.
En particulier, dans le cas de la femme portefaix, les tâches lourdes, les fardeaux transportés à longueur de la journée sur des distances relativement longues, dans des conditions physiques insalubres et précaires constituent des signes évidents de violations de la législation sur l’emploi des personnes vulnérables. Elles transportent des sacs des moellons pour la construction, elles portent sur leurs dos des sacs de ciment et de sable (d’environ 100 kg), elles mettent sur leurs dos et leurs têtes des fagots des bois, des colis des quartiers de viande de vache. Prêtes à tout colporter, doivent réaliser efforts surhumains et faire face à des douleurs chroniques.
Cette description d’une précarité persistante s’observe également dans le secteur minier artisanal où les femmes sont « impliquées dans le recyclage des résidus miniers laissés par les hommes, le broyage manuel de leurs minerais, le transport de minerais à dos, le traitement des minerais (même au mercure, malgré les risques pour leur santé ou celle de leur fœtus si elles sont enceintes), le petit commerce, la restauration des creuseurs, la prostitution et/ou le sexe transactionnel. On estime qu’environ 30% des travailleurs dans les exploitations minières artisanales et à petite échelle (EMAPE) en RDC sont des femmes. Malgré leur forte présence dans et autour des mines, la protection juridique de ces femmes reste précaire.
Aussi bien les femmes portefaix que celles qui travaillent dans l’exploitation minière artisanale peuvent être regroupées sous le vocable « travail précaire » ou « travail occasionnel » ou « économie de survie ou de subsistance » ou encore « travailleurs de l’économie informelle ou travailleurs à revenus irréguliers ». Sur le plan juridique, elles ont toutes un accès difficile au droit du travail en vigueur au vu du caractère occasionnel de leur travail, quand bien même elles bénéficient en théorie d’un droit à un niveau de vie suffisant, au travail décent et à la sécurité sociale. En d’autres termes, qu’elles soient reconnues comme travailleurs au sens du droit du social, l’Etat congolais manque à ses obligations de respecter, protéger et réaliser leurs droits humains.
II. PROJET AMORCE 2024-2026
Le Projet Amorce porte sur le travail des femmes dans le contexte de l’extrême pauvreté en RDC : Précarité et résilience. Il est porté par un consortium constitué en RDC de l’Université officielle de Bukavu (UOB), et l’ASBL Innovation pour les Droits de l’Homme et l’Environnement (IDHE), au Benin de l'université d'Abomey-Calavi (UAC), et en Belgique de l’Université catholique de Louvain (UCLouvain). Il sera exécuté sur une période de deux ans, de septembre 2024 à septembre 2026, avec le financement de l’ARES.
À travers une recherche-action interdisciplinaire, ce projet consiste en une analyse précise des conditions de travail des « travailleurs précaires en RDC », principalement les femmes, en se concentrant sur les défis auxquels ces femmes font face. Le but visé est non seulement de contribuer à la définition d’un régime juridique protecteur des femmes contre la précarité au travail mais aussi de ne plus considérer ces femmes comme des victimes, mais plutôt comme des véritables actrices de leur autonomisation économique. Cela dit, les objectifs du projet s’articulent sur trois piliers à savoir :
- Le pilier socio-économique : Ce projet ambitionne contribuer à la diversification des emplois alternatifs pour les travailleurs pauvres, en particulier les femmes, y compris leur apprendre les métiers attractifs, plus adaptés, variés et plus rémunérateurs.
- Le pilier juridique : Le projet vise à doter les associations de promotion et de protection de droits des femmes à revenus irréguliers d’un statut juridique plus protecteur, en vue de leur permettre de faire valoir les droits des femmes vis-à-vis de l’Etat. En effet, il a été relevé que la plupart des associations de ces femmes ne sont que des structures de fait et non des véritables organisations syndicales à strictement parler. Ce projet entend soutenir les associations des femmes précitées par des plaidoyers juridiques devant déboucher sur l’adoption des textes juridiques plus protecteurs de leurs droits.
- Le pilier médical : Dès lors que les métiers que ces femmes précitées exercent les exposent à des troubles de santé précisément ceux musculosquelettiques, le projet entend également évaluer l’impact de ces métiers sur la santé de ces femmes. L’approche médicale permettra de comprendre l’impact de métiers décrits ci-haut sur la santé de ces femmes, y compris des troubles de santé (précisément ceux musculosquelettiques) sur leur productivité et sur leurs conditions de vie en général.
Le projet vise à octroyer des bourses modestes de recherche à des chercheurs et étudiants de la Filière des sciences juridiques, de médecine et d’économie afin de financer leurs recherches orientées vers les travailleurs pauvres en RDC. Le Projet Amorce 2024-2026 recrute des chercheurs et étudiants pour mener les travaux de recherche associés aux trois objectifs.
III. CRITÈRES DE VALIDITÉ DU DOSSIER
Nous acceptons les dossiers des candidat·e·s proactif·ve·s et dynamiques, remplissant les conditions suivantes :
- Être étudiant.e régulièrement inscrit.e en Master ou en Master complémentaire en Droit, Médecine / Santé publique ou Economie à l’université officielle de Bukavu (UOB), à l’université catholique de Bukavu (UCB), à l’université évangélique en Afrique (UEA), à l’université de Goma (UNIGOM) et à l’université libre des pays des grands lacs (ULPGL-Goma) ;
- Avoir un parcours académique brillant ;
- Faire preuve de rigueur scientifique, d’autonomie, d’adaptabilité et avoir des aptitudes avérées en matière de communication scientifique ;
- A compétences similaires, la préférence sera accordée aux candidatures féminines. Le projet Amorce 2024-2026 encourage la participation des femmes dans ses programmes de bourses de recherche et de master.
IV. COMMENT POSTULER ?
Le dossier de candidature sera constitué des éléments suivants :
- Une lettre de motivation d’une page maximum rédigée en français, adressée à la coordination du Projet Amorce et dans laquelle on s’engage à défendre le mémoire avant août 2026. La lettre devra préciser l’axe de recherche (parmi les trois piliers du projet présenté en page 1) pour lequel la candidature est soumise ;
- Une lettre de recommandation d’un Professeur qui encadre le travail scientifique du/de la candidat·e ;
- Une copie d’un document attestant l'inscription du/de la candidat·e au programme de Master ou de Master complémentaire à une des institutions susmentionnées : UOB, UCB, UEA, UNIGOM et ULPGL-Goma ;
- Des copies scannées de tous les diplômes (Graduat, Licence ou Bachelier et Master, DEA/DES/Master complémentaire) et relevés de notes universitaires pertinents, et
- Une proposition en français de projet de recherche envisagé en rapport avec l’axe choisi. Cette note devra, en maximum 5 pages, dresser succinctement l’état de l’art sur le thème choisi, et indiquer clairement la justification du travail, les objectifs du travail, les questions et hypothèses de recherche, l’approche méthodologique justifiée par la littérature scientifique, un calendrier des activités et une liste de références bibliographiques.
Tous ces éléments du dossier sont à réunir en un seul fichier (au format PDF), à envoyer par mail (avec en objet « Candidature Projet Amorce 2024-2026 ») au Secrétariat du projet (bwagaamisi@gmail.com ) en mettant en copie le Coordonnateur Sud du projet (pierrotchambu@yahoo.fr ), et le Coordonnateur Nord du projet à l’UCLouvain (henri.culot@uclouvain.be). Les candidatures seront reçues jusqu’au vendredi 29 août 2025 à 12h de Bukavu. Tous les dossiers incomplets ou envoyés après ce délai ne seront pas pris en considération.
V. PROCESSUS DE SÉLECTION ET DATES INDICATIVES
- Lancement de l’appel à candidatures : 12 août 2025
- Date limite pour l’envoi des candidatures : 29 août 2025 à 12h
- Communication des résultats aux candidat·e·s sélectionné·e·s : Seuls les candidats dont les dossiers sont jugés recevables seront retenu·e·s et informé·e·s des résultats finaux le 05 septembre 2025.








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